Lancement d’une brochure analysant les effets néfastes de la privatisation

Alors que le débat sur les privatisations et les partenariats public-privé bat son plein, et à quelques jours de l'ouverture de la Commission parlementaire sur la création de l'Agence des partenariats public-privé du Québec, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ) lance une brochure d'analyse sur les conséquences de la privatisation à la Société immobilière du Québec (SIQ).

Ce document de 24 pages, Mauvaise affaire public-privé, est le premier d'une série que le SCFP produira au cours des mois qui viennent.     Le prochain portera sur le dossier plus général des partenariats public- privé. Les deux documents seront présentés lors d'une réunion exceptionnelle que tiendra le SCFP-Québec, le 4 novembre prochain, et à laquelle participeront plus de 500 représentants de syndicats locaux. "Nous voulons contribuer aux débats, a déclaré le directeur québécois du SCFP, Pierre Dupuis.

Cette première brochure a l'immense mérite de faire la preuve, chiffres à l'appui, que la privatisation et le démantèlement de la SIQ auront des conséquences coûteuses pour les contribuables québécois. Il ne s'agit pas d'une prise de position idéologique, mais bien d'une démonstration économique des effets pervers des décisions du gouvernement."

    Jean Charest et son ministre des Finances se tirent dans le pied

    On se souviendra que lors du dépôt de son budget, le ministre des Finances, Yves Séguin, avait annoncé la vente d'immeubles dont la SIQ est propriétaire. Il espérait ainsi réaliser un bénéfice de 330 millions de dollars en 2004-2005. En se départissant d'une partie importante de son parc immobilier, la SIQ verra son rapport de force réduit lorsque viendra le temps de négocier des baux avec l'entreprise privée.     Comme si cela n'était pas suffisant, voilà que le conseil d'administration de la SIQ a décidé, le 8 septembre dernier, d'abandonner les activités de conception et de construction immobilières. Si jamais cette décision était maintenue, la SIQ perdrait un autre pouvoir de négociation qu'elle détenait, puisqu'elle ne pourrait plus construire d'immeubles pour répondre aux besoins, si l'entreprise privée se montrait trop gourmande.

    Une société efficace et rentable


    "Ce document démontre que la SIQ est efficace et qu'elle est rentable pour le gouvernemen,", a déclaré Serge Genest, président de section locale 2929 du SCFP, qui représente les quelque 500 employés (bureau, technique, ouvrier). Il cite les chiffres suivants :

    - Le loyer moyen que doivent payer les ministères et organismes
      gouvernementaux occupant des immeubles dont la SIQ est propriétaire est
      inférieur de 2,50 $ par mètre carré à celui payé par ces mêmes
      ministères et organismes gouvernementaux lorsque la SIQ n'est que
      locataire d'immeubles appartenant au secteur privé;

    - Le coût de revient unitaire par mètre carré des immeubles dont la SIQ
      détient la propriété est très significativement inférieur à celui des
      immeubles dont elle n'est que locataire du secteur privé;

    - Le taux de vacance des immeubles de la SIQ est d'à peine 1 % sur un
      parc immobilier de près de 3 millions de mètres carrés. A titre de
      comparaison, le taux de vacance dans les immeubles de propriété et de
      gestion privées atteignait près de 14 % à Montréal en 2003.

    "A l'examen, la création de la SIQ il y a vingt ans s'est avérée une excellente décision qui profite réellement à l'Etat et aux contribuables. Restreindre son champ d'action, notamment en lui ordonnant de se retirer des grands projets d'investissements immobiliers et de passer de plus en plus du statut de propriétaire à celui de locataire tributaire des conditions du marché, ne peut que conduire, à terme, à une détérioration de son efficience", ont conclu les deux dirigeants syndicaux.

           Ce communiqué et d'autres infos sur le site
scfp.qc.ca