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Le Front commun CSN-FTQ se bat pour améliorer les
services publics en santé, en éducation, dans les services sociaux, dans
les organismes gouvernementaux et pour négocier des conditions de
travail décentes pour celles et ceux qui les maintiennent à bout de
bras. Nous allons mettre progressivement de plus en plus de pression sur
ce gouvernement au cours des prochains mois pour obtenir un règlement
satisfaisant à l’automne prochain.
Pourquoi l’automne?
La dynamique des négociations du secteur public ainsi que l’importance
des sommes en jeu en regard des finances publiques font en sorte que la
majorité des conventions se concluent à peu près en même temps.
L’État et les syndicats parviennent à régler quasi
simultanément les matières monétaires (de table centrale) comme les
salaires, la retraite, et les matières sectorielles (demandes
«normatives») comme celles touchant les protections contre la précarité
et la sous-traitance, la lourdeur des tâches, la santé-sécurité au
travail. Il nous semble irréaliste de penser à un bon règlement pour
l’ensemble des employé-es de l’État si la négociation se fait en deux
phases désynchronisées: une pour la santé et une pour l’éducation.
D’autant plus que ce gouvernement, depuis deux ans, ne nous a pas
habitués à des cadeaux. Ses attaques aux syndicats et sa remise en
question du caractère public des services sont là pour le démontrer. La
lutte pour améliorer les conditions de travail et les services à la
population dans le secteur public nécessite les efforts soutenus de tous
et chacun. Dans ce contexte, il nous semble important que les deux
grands réseaux ainsi que les organismes que nous représentons soient au
rendez-vous d’une négociation synchronisée.
Le réseau de la santé et des services sociaux compte 245,000 personnes;
son poids dans la balance est non négligeable. Or, le gouvernement a
voté, en décembre 2003, l’inique loi 30 qui modifie radicalement
l’organisation de la négociation en décentralisant au niveau local 26
matières de convention collective et la représentativité syndicale dans
ce réseau. Les votes d’allégeance syndicale imposés par la loi ne
prendront fin, pour la plupart, qu’à l’été 2005. Les membres prennent
très à cœur le choix de leur avenir syndical; localement, ils sont
présentement accaparés par la recomposition de leur accréditation. La
vie syndicale locale de tous les syndicats de ce secteur subit un
bouleversement sans précédent. Il est difficile de négocier dans ce
contexte de perturbation tout en laissant le temps aux nouvelles
structures de se mettre en place. L’automne 2005 nous apparaît donc la
période la plus propice pour la conclusion d’un règlement global de la
négociation du secteur public.
Devant tout cela et malgré les tentatives du gouvernement de nous
diviser, les deux organisations les plus importantes au Québec, la CSN
et la FTQ, considèrent qu’une plus grande solidarité est essentielle et
soulignent qu’elles poursuivent la lutte ensemble.
Des demandes raisonnables
Les demandes du Front commun ont été déposées au Conseil du trésor le 15
décembre 2003. Depuis, des rencontres de négociation ont eu lieu. La CSN
et la FTQ vont poursuivre ce travail. Quant aux tables sectorielles,
elles continuent également.
Il faut dire que la négociation n’a pas atteint encore un rythme soutenu
et qu’une mobilisation sera nécessaire pour faire progresser les
négociations sectorielles en vue d’un aboutissement à l’automne autant
en santé qu’en éducation. Des actions communes du Front commun CSN-FTQ
sont prévues ce printemps dont une majeure en avril. Un plan subséquent
sera développé pour l’automne.
Nous rappelons à la présidente du Conseil du trésor que 51% des
syndiqués en éducation et 59% des employés du secteur public de la santé
et des services sociaux sont à statut précaire. Contrairement à ce
qu’elle allègue, avoir une certaine sécurité d’emploi n’est pas un
privilège; avoir un emploi stable c’est un droit, c’est aussi un atout
de taille pour des services publics de meilleure qualité.
Nous lui rappelons que les conventions collectives des salariés de
l’État sont échues depuis juin 2003. Bien que le cadre financier annoncé
par le gouvernement soit très serré, nous lui soulignons que, en
comparaison avec les autres travailleurs québécois du secteur privé, y
compris les non-syndiqués, leurs conditions de travail accusent un
retard de plus en plus considérable.
Madame Jérôme-Forget a réitéré que le renouvellement des conventions
collectives des employé-es de l’État devait se faire dans le cadre
financier de 12,6% pour les six prochaines années et que cela incluait
le règlement de l’équité salariale, ainsi que les coûts liés à toutes
les demandes (salaires, retraite, assurances, conciliation
travail-famille, etc). Nous lui soulignons que nos demandes sont
raisonnables : 4,5% à partir du 1er octobre 2003; 4% à partir du 1er
janvier 2005; 4% à partir du 1er janvier 2006.
Au-delà de la rhétorique de la ministre, le gouvernement doit démontrer
le respect qu’il devrait avoir pour le développement des services
publics de bonne qualité en respectant celles et ceux qui y oeuvrent.
Nos revendications vont dans ce sens.
Tract du Front
commun |