Cas de cancer inexplicables à St-Hyacinthe

La Commission scolaire et la Santé publique ne voulaient pas nous croire, elles se sont toutes deux traîné les pieds, elles ne s’occupaient pas des cas de cancer, c’est nous qui avons poursuivi l’enquête », déclare Chantal Primeau, présidente du SCFP 3259. « Pendant plus d’un an, la Commission scolaire et la Santé publique ne nous ont pas répondu, ce n’est que la semaine dernière que nous avons réussi à obtenir une rencontre », ajoute la présidente du syndicat, qui a remis à la presse un dossier à l’appui de ses déclarations.

Rappel des événements


Dès le 15 mars 2000, au cours d’une rencontre du Comité de santé-sécurité, le Syndicat du personnel de soutien (SCFP 3259) a signalé l’existence de deux cas de cancer du rein chez ses membres. Ces personnes travaillaient dans le même local du bloc B de la polyvalente Hyacinthe-Delorme de Saint-Hyacinthe. Le 5 mai 2000, après avoir poursuivi son enquête, le syndicat a rapporté deux autres cas de cancer du rein. Âgées entre 40 et 50 ans, les quatre victimes travaillaient dans la même partie de la polyvalente. Toutes non-fumeuses, elles vivaient dans des municipalités différentes et avaient toutes développé le même type de cancer.

En juin 2001, un enseignant décédait des suites d’un cancer du rein; il s’agissait du cinquième cas dans la même école. La Commission scolaire était au courant de ces cas depuis au moins mai 2001. Aucun dossier n’a été transmis à la Santé publique avant le 24 septembre 2001. Auparavant, en 1995 et 1996, le syndicat SCFP avait dénoncé, à plusieurs reprises, la mauvaise qualité de l’air, les nausées, étourdissements, maux de têtes et autres malaises éprouvés par le personnel de la polyvalente, dénonciations qui ont donné lieu à une intervention et un rapport de la CSST.

La position du syndicat SCFP


Le SCFP dénonce le laxisme de la Commission scolaire et de la Santé publique dans ce dossier. En mars 2001, un an après que le SCFP ait rapporté quatre cas de cancer à la commission scolaire, le secrétaire général, Daniel Camirand, expliquait que la demande qu’il avait logée à la Direction de la Santé publique s’était perdue. Cette lettre n’avait pas été expédiée à la bonne adresse, avait-il déclaré ( « Nous n’avions pas la bonne adresse », Courrier de St-Hyacinthe, 21 mars 2001). Du côté de la Santé publique, ce n’est que la semaine dernière, soit un an plus tard, qu’on a daigné répondre à la correspondance du SCFP du 24 novembre 2000.

« C’est désolant de voir avec quelle légèreté et quel laxisme les administrateurs de ces deux institutions se sont comportés », déplore Chantal Primeau. « Il faut qu’on fasse la lumière sur ce qui se passe au plus vite; c’est la santé de tous les employés et des élèves qui est en jeu », a répété la présidente du SCFP 3259.

Une rencontre entre le Syndicat, la Santé publique et la Commission scolaire vient d’être confirmée. Elle se tiendra le 9 novembre prochain. « Je pense qu’on va se parler dans le blanc des yeux lors de cette rencontre » a prévenu Luc Chabot, coordonnateur du secteur du soutien scolaire au SCFP.

Le SCFP représente quelque 15 000 membres dans le secteur de l’éducation au Québec. En plus de ce secteur d’activité, le SCFP est présent dans 10 autres secteurs, entre autres, la santé et les services sociaux, les municipalités, les transports urbain et aérien, les sociétés d’État et organismes publics québécois, l’hydroélectricité et les communications. Comptant au total près de 100 000 membres au Québec, il est le plus important syndicat affilié de la FTQ.

(Source SCFP) Chantal Primeau, Luc Chabot